une poignée de châtaignes

Et l’une me souhaite de « bonnes vacances » lorsqu’elle apprend que je vais partir un mois. Vacances ? Vacance ? Dans l’esprit de mon interlocutrice, ça parle de voyage, de loisirs, de découvertes peut-être, de repos surtout. Pour moi, c’est un état ambivalent : à la fois désiré comme une sorte de pause et d’accession à un état supérieur (sagesse inatteignable), et redouté en tant qu’espace vide, temps perdu, ou stérile entre deux chantiers d’écriture. La vacance me conduit toujours à l’anxiété. Pas de deuxième chance, pas de deuxième vie. La vacance me ramène à la pensée de la mort, mais aussi à la crainte que le fil de la création, momentanément rompu, soit impossible à reprendre, à recoudre. (Et alors, que deviendrai-je ?)   

« Cet affolant vide », écrit Gérard Titus-Carmel.

Il me faut toujours trouver des issues à l’inquiétude. M’assoir pour contempler le paysage n’en est pas une. J’aimerais pourtant. Tenir calme et immobile, la tête et les mains inoccupées. G. me parle de ce poète que nous aimons toutes deux qui, depuis un accident, ne peut plus lire ni écrire. Que fait-il ? Il cuisine.

Il fait 25 degrés en ce mois d’octobre et je mange les châtaignes ramassées dans l’après-midi accompagnées de tartines de beurre salé.

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